Sara Sadik

Ultimate Vatos
Paris

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For this first exhibition at the Galerie Crèvecoeur, the film being shown, Ultimate Vatos, brings together video sequences from several different sources (outdoor shots, indoor shots like telemonitoring, 3D images…) and borrowings, which creates a combination of various aesthetics/dynamics of moving pictures. Can you define what guided your choices of images? How did you conceive the exhibition’s visual environment?

The important point in the creation of this film was to develop a combination of images that provided the possibility to blur the frontier between the real and the virtual. For the outdoor sequences, the film was entirely shot with onboard cameras, thus adding the effect of CGI and of video games, both from the positioning of the cameras, and the angles, but also the glitches this led to, like bugs reminiscent of the effect of constructing environments in video games, as the characters move. The process entailed using only this type of cameras, while playing with them until the effect I wanted was obtained, to such an extent that you wonder how certain shots were created or filmed. There are also some videos from social media in the new film, as in all my work. This is a material that I use above all to add a documentary dimension to fiction, and to give depth to the characters through images taken from their real lives.

The film features a single character in a world which is both closed and isolated, where the sole reference point is a highly demanding competition. In this film, as in previous ones, the question of an individual identity being constructed through a series of trials is clearly present, as in an initiatory journey. In Khtobotogone or in Carnalito Full Option, the environment seemed quite close to a certain reality, based in Marseille. Here, the setting the character advances through is intentionally mysterious. What are the relationships (either real or symbolic) between the individual and the collective that emerge from your latest film?

When it comes to this film, there is the same way of dealing with the establishment of a site for a fiction in a real space, it being the city of Marseille. In Ultimate Vatos, this is the Parc National des Calanques de Marseille, which I used as a game arena, Stone Island. The narrative of the film follows the structure of a trial made up of different tests which the character has to go through and unblock. This is a recurrent structure in my work. It allows me to place my characters in situations outside their everyday lives, as well as to set their words in a different context. During this trial, the character is completely alone, left to his own devices in the arena. This isolation inevitably leads him to talking to himself, which takes the form of a voiceover that follows us constantly. Through these internal monologues, in which he talks of his states of mind, the main character also conveys a collective voice, made possible by the writing process consisting of collages from numerous sources such as French rap, in particular PNL, Booba and Timal, Louisa Yousfi’s book Rester barbare, as well as slogans taken from the Army’s advertising campaigns or the mottos of French Foreign Legion regiments.

For the character, it is necessary for him to submit to the organisational rules, in the hope of victory, which will provide access to a new situation. He is profoundly marked, both physically and physiologically. What does the mental side come down to here? After a series of projects based on love (Hlel Academy) – evoking feelings of being in love but also friendship – what does this reflexion about personal transformation in this new film inaugurate?

Here, the focus is on the figure of a fighter and factors in his construction. Parts of the text provide us with some information about the causes of his desire for insurrection and his need to become the Ultimate Vatos, which represents for him the ultimate warrior, the pirate. The character and his construction were inspired by the concept of the body-as-weapon and the concept of transformation, which are proper to anime, often motivated by a wish for vengeance or the need to prove yourself. As with the figure of the Kage in Naruto, the Saiyan in Dragon Ball or else the Hunter in HxH, here it is the status of Ultimate Vatos that the character wants to attain.

Pour cette première exposition à la galerie Crèvecoeur, le film présenté Ultimate Vatos, rassemble des séquences vidéo provenant de plusieurs sources différentes (prises de vues en extérieur, prises de vue en intérieur type télésurveillance, images 3D…) et d’emprunts, ce qui crée une combinaison de différentes esthétiques/dynamiques d’images en mouvement. Peux-tu définir ce qui guide tes choix en termes d’image? Comment as-tu conçu l’environnement visuel de l’exposition?

Ce qui était important dans la création de ce film, c’était de développer une combinaison d’images qui permette de brouiller la frontière entre réel et virtuel. Dans la prise de vue en extérieur, le film a été intégralement tourné avec des caméras embarquées qui permettent d’apporter un effet CGI et jeu-vidéo, que ce soit par les placements de caméras, les points de vue, mais aussi par les défauts qu’elles produisent comme les bugs rappelant l’effet de construction de l’environnement dans les jeux-vidéos au fur et à mesure que le personnage se déplace. Le processus était d’utiliser uniquement ce type de caméras et de jouer avec jusqu’à obtenir l’effet que je souhaitais, au point de se demander comment certains plans ont été créés ou filmés. Il y a également des vidéos issues de réseaux sociaux dans ce nouveau film, comme dans l’ensemble de mon travail. C’est une matière que j’utilise notamment pour apporter la dimension documentaire à la fiction, apporter la profondeur au personnage par le biais d’images tirées de sa vie réelle.

Le film figure un personnage unique dans un univers à la fois fermé et isolé, dont le seul référent est celui d’une compétition très exigeante. Dans ce film, ainsi que dans les films précédents, la question de l’identité individuelle se construisant à travers une série d’épreuves est très présente, façon parcours initiatique. Dans Khtobotogone ou dans Carnalito Full Option, l’environnement semblait assez proche d’une certaine réalité, ancrée à Marseille. Ici, l’organisation dans laquelle évolue le personnage est volontairement mystérieuse. Quels sont les rapports (réels et symboliques) entre l’individu et le collectif qui émanent de ce dernier film?

Pour ce qui concerne ce film, il s’agit de la même façon d’aborder la mise en place d’une fiction dans un espace réel, étant la ville de Marseille. Dans Ultimate Vatos, il s’agit du Parc national des Calanques de Marseille, que j’ai utilisé comme une arène de jeu, la Stone Island. La narration du film suit une structure d’examen composé de différentes épreuves que le personnage va devoir effectuer et débloquer. C’est une structure récurrente dans mon travail, qui me permet de placer mes personnages dans des situations extérieures à leur quotidien, et qui permettent d’accueillir leurs paroles dans un contexte différent. Durant cet examen, le personnage est totalement seul, livré à lui-même dans cette arène. Cet isolement le mène inévitablement à des paroles internes qui prennent la forme d’une voix-off qui nous suit tout le long. À travers ses monologues internes dans lesquels il fait part de ses états d’âmes personnels, le personnage principal porte en lui une parole collective, rendue possible par le processus d’écriture fait de collages de sources multiples comme le rap français notamment PNL, Booba et Timal, le livre Rester barbare de Louisa Yousfi, ainsi que des slogans tirés de campagnes publicitaires de l’Armée de Terre ou de devises de régiments de Légionnaires.

Il y a de la part du personnage une soumission nécessaire aux règles de l’organisation en vue d’une victoire, permettant d’accéder à une nouvelle situation. Physiquement, physiologiquement, elle est très marquée. Qu’en est-il côté mental? Après une série de projets axés sur l’amour (Hlel Academy) - évoquant le sentiment amoureux mais aussi amical - quelle réflexion sur la transformation personnelle ce nouveau film inaugure-t-il?

Ici il est question de la figure du combattant et des éléments de sa construction. Des éléments du texte nous permettent d’avoir des informations sur les causes de sa volonté d’insurrection, de son besoin de devenir Ultimate Vatos, qui représente pour lui la figure du combattant ultime, du pirate. Le personnage et sa construction, sont inspirés du concept du corps arme et du concept de transformation, qui est un trait propre aux animes, souvent motivée par un sentiment de vengeance ou une nécessité de faire ses preuves. A la manière de la figure du Kage dans Naruto, du Saiyan dans Dragon Ball ou encore du Hunter dans HxH, ici c’est le statut d’Ultimate Vatos que le personnage souhaite atteindre.

FR : For this first exhibition at the Galerie Crèvecoeur, the film being shown, Ultimate Vatos, brings together video sequences from several different sources (outdoor shots, indoor shots like telemonitoring, 3D images…) and borrowings, which creates a combination of various aesthetics/dynamics of moving pictures. Can you define what guided your cho...
EN: Pour cette première exposition à la galerie Crèvecoeur, le film présenté Ultimate Vatos, rassemble des séquences vidéo provenant de plusieurs sources différentes (prises de vues en extérieur, prises de vue en intérieur type télésurveillance, images 3D…) et d’emprunts, ce qui crée une combina...
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Ultimate Vatos: Force & Honneur (Vol.1), 2022 
Video, 23 minutes, 33 secondes

Ultimate Vatos: Force & Honneur (Vol.1), 2022 

Ultimate Vatos: Force & Honneur (Vol.1), 2022

Exhibition view, Ultimate Vatos, 2022

Exhibition view, Ultimate Vatos, 2022

La piraterie n’est jamais finie, 2022 
Print on canvas cover, 160 × 326 cm
Edition of 4 + 2 AP

Exhibition view, Ultimate Vatos, 2022

Il est trop tard pour chahed, 2022
Print on canvas cover, 160 × 106 cm
Edition of 4 + 2 AP

Exhibition view, Ultimate Vatos, 2022


Courtesy of the artist and Crèvecœur, Paris.
Photo: Martin Argyroglo


Avec le soutien aux galeries / exposition du Centre national des arts plastiques