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Anne Bourse, Julien Carreyn, Mathis Collins, Julien Goniche, Renaud Jerez, Sara Sadik

Intérieur, pluie.

Intérieur, pluie. by Juana Wein & Maxime Berger, with Jeanne Cals.

Text

Les peintures d’Autumn sont restées à Chicago et celles des Quistrebert à l’atelier, inachevées. Comme tout le monde on a du s’adapter. Anne a répondu qu’elle pouvait montrer les dessins au bic qu’elle faisait enfermée dans son appartement d’Aubervilliers. Des chaussures noires à bout carré (qui ressemblent à celles que portent Renaud et Charles), des rideaux et des barreaux. Renaud a rapatrié son atelier de Villejuif dans son appartement de Belleville. Je ne comprends toujours pas comment il a fait pour y peindre d’aussi grands formats. Il a gardé sa touche et ses étranges gammes chromatiques systématiques. Mathis a du déguerpir de plusieurs endroits avant de trouver un atelier. D’une vallée escarpée des Pyrénées il nous a envoyé par UPS un cocktail fumeux gravé sur un comptoir à partitions musicales. Sara est restée à Marseille, empêchée de finir son tournage pour Manifesta, et nous a transféré la vidéo qu’elle a faite d’après sa récente performance à la Friche, Tu Deuh la Miss. Le film nous initie à la Hlel Academy qui, dans son rôle de leader mondial de la R&D dans le domaine de la réhabilitation émotionnelle et sentimentale, accueille les oubliés de l’amour. C’est aussi près de Marseille, bien avant le confinement, que Julien Goniche a photographié ces images dark et surexposées qui ressemblent parfois à des rayogrammes. Elles retranscrivent bien son état d’esprit, enfermé dans un appartement à Paris. Ce contexte étrange a toutefois permis à Julien Carreyn de retrouver la recette originale du LSD, au nez et à la barbe d’Albert Hoffmann. Levain oblige, il s’est mis à peindre ses tirages instax puis à peindre tout court. Et Fongor lui dit, levant la patte sur le pied immaculé d’un lampadaire de Montmartre désert, qu’il retournerait bien faire un tour rue des Cascades. Élise a donc commandé le kit Spécial Covid 19 chez Raja, ré-ouvert la galerie et inondé les plantes qui suffoquaient dans la cour depuis deux mois.

Anne Bourse est née en 1982 à Lyon où elle a obtenu son diplôme des Beaux-Arts. Elle vit à Paris et a récemment exposé au Palais de Tokyo, au CREDAC, au MOCO, au CAC Brétigny, à la Fondation Ricard et dans la maison d’Élise Fourché (Giffaillaer Gimaer).

Julien Carreyn est né en 1973 à Angers et vit à Paris. Il a exposé, entre autres, au Palais de Tokyo, au FRAC Ile de France, au FRAC Champagne-Ardenne, au CNEAI, à Extramentale (Arles). Il est l’auteur de nombreuses publications et fanzines.

Mathis Collins est né en 1986 et vit à Paris. Il a exposé à Lafayette Anticipations, à Longtang (Zurich), à Treize, au Palais de Tokyo et à 1m3 (Lausanne). Après deux expositions personnelles à la galerie en 2019 (Marseille et Paris), il en prépare deux autres pour l’automne chez 15 Orient à New York et à la Criée à Rennes.

Julien Goniche est né en 1984 et vit à Paris. Il a eu des expositions personnelles à Photography Exhibit (Zurich), Shivers Only (Marseille), Komplot (Bruxelles) et Shanaynay (Paris).

Renaud Jerez est né à Narbonne en 1982 et vit à Paris. Il a notamment présenté des expositions personnelles aux Abattoirs (Toulouse), chez Jenny’s (Los Angeles), à l’ICA Miami et à la National Gallery de Prague. Ses participations récentes à des expositions collectives incluent le Musée d’Art Moderne de Paris, le Palais de Tokyo, la galerie Jeffrey Deitch (Los Angeles), la Kunsthalle Mainz et le New Museum.

Sara Sadik est née en 1994 à Bordeaux, où elle a obtenu son diplôme des Beaux-Arts, et vit à Marseille. Elle a exposé à Voiture 14 (Marseille), à la Galerie Edouard Manet (Genevilliers), au Palais de Tokyo et à la galerie Karma International à Zurich. Elle prépare un important projet pour la prochaine Manifesta (Marseille, automne 2020).

Autumn’s paintings remained in Chicago and the Quistrebert’s in the studio, unfinished. Like everyone else, we had to adapt. Anne replied that she could show the bic drawings she was doing locked up in her apartment in Aubervilliers. Black shoes with square toes (which look like the ones Renaud and Charles wear), curtains and bars. Renaud moved his Villejuif studio back to his apartment in Belleville. I still don’t understand how he managed to paint such large formats there. He kept his touch and his strange systematic chromatic scales. Mathis had to flee several places before he found a studio. From a steep valley in the Pyrenees he sent us by UPS a smoky cocktail engraved on a musical score counter. Sara stayed in Marseilles, unable to finish shooting for Manifesta, and transferred us the video she made of her recent performance at La Friche, Tu Deuh la Miss. The film introduces us to the Hlel Academy which, in its role as a world leader in R&D in the field of emotional and sentimental rehabilitation, welcomes the forgotten of love. It is also near Marseille, well before the confinement, that Julien Goniche photographed these dark and overexposed images that sometimes look like rayograms. They capture his state of mind, locked up in an apartment in Paris. This strange context, however, allowed Julien Carreyn to find the original recipe for LSD, under the nose and beard of Albert Hoffmann. Levain obliges, he started to paint his instax prints and then to paint altogether. And Fongor told him, raising his paw on the immaculate foot of a deserted street lamp in Montmartre, that he would go back for a walk on rue des Cascades. So Élise ordered the Special Covid 19 kit from Raja, reopened the gallery and flooded the plants that had been suffocating in the courtyard for two months.

Anne Bourse was born in 1982 in Lyon where she graduated from the Beaux-Arts. She lives in Paris and has recently exhibited at the Palais de Tokyo, CREDAC, MOCO, CAC Brétigny, Fondation Ricard and the house of Élise Fourché (Giffaillaer Gimaer).

Julien Carreyn was born in 1973 in Angers and lives in Paris. He has exhibited, among others, at the Palais de Tokyo, FRAC Ile de France, FRAC Champagne-Ardenne, CNEAI, Extramentale (Arles). He is the author of numerous publications and fanzines.

Mathis Collins was born in 1986 and lives in Paris. He has exhibited at Lafayette Anticipations, Longtang (Zurich), Treize, Palais de Tokyo and 1m3 (Lausanne). After two solo exhibitions at the gallery in 2019 (Marseille and Paris), he is preparing two more for autumn at 15 Orient in New York and at La Criée in Rennes.

Julien Goniche was born in 1984 and lives in Paris. He has had solo exhibitions at Photography Exhibit (Zurich), Shivers Only (Marseille), Komplot (Brussels) and Shanaynay (Paris).

Renaud Jerez was born in Narbonne in 1982 and lives in Paris. He has had solo exhibitions at Abattoirs (Toulouse), Jenny’s (Los Angeles), ICA Miami and the National Gallery in Prague. Recent group exhibition participations include the Musée d’Art Moderne de Paris, Palais de Tokyo, Jeffrey Deitch Gallery (Los Angeles), Kunsthalle Mainz and the New Museum.

Sara Sadik was born in 1994 in Bordeaux, where she graduated from Beaux-Arts, and lives in Marseille. She has exhibited at Voiture 14 (Marseille), Galerie Edouard Manet (Genevilliers), Palais de Tokyo and Karma International Gallery in Zurich. She is preparing an important project for the next Manifesta (Marseille, autumn 2020).

L’autoportrait s’est imposé par défaut. Ma propre caricature et mon travestissement sont devenus une forme d’expression, mon « truc » à la Chaplin, celui d’un personnage hybride, à la fois mis en scène et réel. Au début, je venais habillé en clown aux vernissages, juste comme un vêtement, et parfois c’était pour des performances, comme à l’inauguration de la cordonnerie de clown dont j’ai rénové la façade. J’ai employé cette figure comme une critique même de son emploi, car le clown est historiquement ce personnage ambigu, tant serviteur de l’état qu’il amuse que serviteur du peuple qui moque le pouvoir.


Self-portrait imposed itself by default. My own caricature and cross-dressing became a form of expression, my Chaplin-like “thing”, that of a hybrid character, both staged and real. In the beginning, I used to come dressed as a clown to openings, just as a garment, and sometimes it was for performances, like at the inauguration of the clown shoe shop whose façade I renovated. I used this figure as a criticism even of his employment, because the clown is historically this ambiguous character, both servant of the state that he amuses and servant of the people who mock the power.

Mathis Collins

Mathis Collins
Le buveur d’absinthe, 2020
lime wood, pigments
90 × 54,5 cm

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And then all the bodies. Bodies in refined solitude, the house they haunt a motionless ark. Sensual physical ironies. A kaleidoscope of backs and fronts, tops and bottoms, glanced in silver reflections. Conspiratorialy inviting us to try stepping through the gauzy surface of the paper, to inspect what we have already glimpsed.

Mick Peter about Julien Carreyn in Photographies du soir, 2017

Julien Carreyn
LES PHARMACIES DU SACRÉ-CŒUR I, 2020
wooden structure, three levels and background, gouache, Indian ink, acrylic on cardboard, instant photographs, thermal sublimation printing
30 × 50 cm

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Julien Carreyn
LES PHARMACIES DU SACRÉ-CŒUR II, 2020
wooden structure, three levels and background, gouache, Indian ink, acrylic on cardboard, instant photographs, thermal sublimation printing
30 × 50 cm

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Julien Carreyn
LES PHARMACIES DU SACRÉ-CŒUR III, 2020
wooden structure, three floors and columns gouache, Indian ink, acrylic on cardboard, audio cassette case, snapshots
30 × 50 cm

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Julien Carreyn
R’LYEH/ POLLENISATION, 2020
two shelves in oak, gouache, Indian ink, acrylic on cardboard, snapshot photographs, lambda print, thermal sublimation printing
60 × 32 cm

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Julien Carreyn
Untiltled, 2020
watercolour on paper, perspex artist frame (28,5 × 22 cm)
5,5 × 8,8 cm

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Julien Carreyn
Jeanne Cals au cinéma, 2020
Polaroid photography, perspex artist frame (28,5 × 22 cm)
10,5 × 8,8 cm

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Julien Carreyn
Auberge de jeunesse, 2019
Polaroid photography, perspex artist frame (28,5 × 22 cm)
10,5 × 8,8 cm

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Le travail de Jerez ne se résout pas à la technoculture, mais pose avec une certaine inquiétude la question de la (re)production et de la construction de ces choses, de leur déterminisme. À la question de la représentation et de l’irreprésentable, une autre interrogation lui a succédé qui est celle du « comment articuler », les parties et l’ensemble, le contingent et le mutant? Comment diffracter et articuler ?


JEREZ’S WORK CANNOT BE REDUCED TO TECHNOCULTURE, BUT POSES WITH A CERTAIN AMOUNT OF CONCERN THE QUESTION OF THE (RE)PRODUCTION AND CONSTRUCTION OF THINGS, OF THEIR DETERMINISM. TO THE QUESTION OF REPRESENTATION AND OF WHAT IS IMPOSSIBLE TO REPRESENT ANOTHER ONE FOLLOWS THROUGH, WHICH IS HOW TO “JOIN TOGETHER” THE PARTS AND THE WHOLE, THE CONTINGENT AND THE MUTANT, HOW TO DIFFRACT AND HOW TO LINK TOGETHER?

Stéphanie Moisdon

Renaud Jerez
Masques et nuit, l’acmé, 2020
oil on canvas
190 × 140 cm

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Renaud Jerez
Masques et fumée à la fleur, 2020
oil on canvas
190 × 140 cm

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Julien Goniche « préfère ne pas », et se laisse engloutir. Sa présence est tout aussi incertaine que les choses qui attirent son attention. Les phénomènes photographiés, embués d’une lueur redoutable et électronique sont saturés d’affects sont les échos mécaniques de cette incertitude. La présence est à reconquérir encore et encore, de cliché en cliché, ivre d’autodestruction.

julien goniche “prefers not to”, and allows himself to be swallowed up. his presence is just as unclear as the things that draw his attention. fogged with a mighty and electronic glow, the photographed phenomena are saturated with affects. they are the mechanical echoes of this unclarity. the presence is to be restored again and again, from cliché to cliché, drunk with self-destruction.

Julien Goniche
trois voitures et trois nuages en fin de journée, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, thumbtacks
23,5 × 30,4 cm

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Julien Goniche
Traces de pluie sur le mur et un cyprès, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, thumbtacks
23,5 × 30,4 cm

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Julien Goniche
plante envahissante en forme de ronds, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, thumbtacks
23,5 × 30,4 cm

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Julien Goniche
autoportrait avec des lunettes de soleil devant le saule pleureur, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, drawing pins
23,5 × 30,4 cm

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Julien Goniche
le chemin à travers les pins en contre-jour, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, drawing pins
23,5 × 30,4 cm

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Julien Goniche
chat gris dans la neige piétinée, 2020
ink-jet print on archival paper, artist frame, drawing pins
23,5 × 30,4 cm

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Ma pratique est traversée d’affinités électives qui fabriquent la communauté fictive dans laquelle je travaille. Disons que je suis une interspéciste du langage, et aussi un peu perverse. Je m’adresse à quelqu’un par le biais de quelque chose pour, en fait, secrètement parler à quelqu’un d’autre.


My practice is inhabited by elective affinities that make up the fictional community in which I work. Let’s say I’m a language interspeciesist with a slightly perverse bent. I address someone with something in order to secretly talk to someone else.

Anne Bourse

Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (Leash), 2020
felt pen and ballpoint pen on coated paper
42 × 30 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (love is a jail), 2020
felt pen, typex and ballpoint pen on coated paper
46 × 32 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (LetsClub4Chemins)
felt-tip pen, pencil and ballpoint pen on coated paper
47 × 32 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving
(for «Brain, a journal of neurology»), 2020
felt pen, typex and ballpoint pen on coated paper
Each: 32 × 25 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (cette nuit je dors en prison), 2020
felt pen, typex and ballpoint pen on coated paper
30 × 21 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (Edna leaving Springfield incognito), 2020
felt pen and ballpoint pen on coated paper
30 × 21 cm

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Anne Bourse
Stupid sun who can’t stop moving (le soleil du matin), 2020
felt pen and ballpoint pen on coated paper
30 × 21 cm

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Sa pratique mêle vidéo, performance musicale, installation et photographie. Sara Sadik (née à Bordeaux en 1994, elle vit à Marseille) questionne la représentation de la culture des banlieues, à travers des référents liés à la musique, à la mode, aux réseaux sociaux ou à la science- fiction. Explorant les symboles esthétiques de la culture “beurcore” comme elle la nomme, – celle de la jeunesse des quartiers populaires issue de la diaspora maghrébine, souvent exotisée ou méprisée –, Sadik la documente par des fictions dont elle est souvent l’une des interprètes.


Her work is a savvy mix of video, musical performance, installation and photography. Sara Sadik (born 1994, lives and works in Marseille) draws inspiration from urban pop culture, questioning its representation through references linked to music and fashion as well as social networks and science fiction. She explores the aesthetic symbols of what she calls beurcore – the youth culture in working-class communities from the Maghrebi diaspora – which she documents in fictive stagings in which she often features.

Martha Kirszenbaum

Sara Sadik
Tu deuh la miss, 2020
video
14 : 13
ed.1/3 (+ 1 AP)

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All pictures: © Aurélien Mole