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Louise Sartor

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C’est sur des rouleaux de papier toilette dépliés, sur des fragments d’emballage, sur des objets destinés à être jetés, que Louise Sartor exécute ses peintures. Il y a ici quelque chose de très familier qui nous rappelle un Polaroïd, une carte postale, ou même une image pieuse, qu’on aurait maintes fois manipulée. Les sujets sont petits, et on ne sait pas qui, du sujet ou du support, le premier en détermine le format. De jeunes femmes citadines, habillés avec grand soin, prises sur le vif, avec les accessoires indispensables à leur survie : téléphones portables, sacs certainement griffés. Des filles peut-être célèbres, sûrement plutôt riches, qu’on admire intensément, ou qu’on méprise, un peu. Des images de magazines, de réseaux sociaux, de blogs. Instagram comme le nouveau sujet de la peinture. Si l’iconographie en usage dans une société donnée conditionne notre façon de voir, alors il faut s’attendre à ce que ce type de photos, vrais-faux selfies, devienne un genre. Détermine a posteriori notre époque. Soit analysé au futur comme indices d’une histoire culturelle.

Pourtant ce n’est pas le sujet principal de la peinture de Louise Sartor. Ce qu’elle saisit, au-delà des postures chorégraphiées et des allures sophistiquées, ce sont des moments de latence. Entre deux coups de fil, à l’attente d’un taxi, ou tandis que la conversation fait une pause. Des moments silencieux, finalement assez intimes, qui rappellent les portraits des peintures anciennes. À ceci près qu’on est, époque oblige, hors de la sphère domestique - là où les femmes étaient si longtemps confinées. On est dans la rue, et on est même, quasi-simultanément, sur les téléphones de tout le monde. Louise Sartor peint des femmes, ses contemporaines, qui, en regard de l’histoire des femmes représentées dans la peinture jusqu’à présent, semblent ne jamais avoir été aussi libres. Ce qu’elle saisit néanmoins, ce qui rend ses œuvres si familières, si intemporelles, si intimes, c’est que le prix à payer de cette liberté infinie, c’est peut-être la solitude. Celle qu’on ressent quand le dernier message envoyé reste «left on read», marqué lu, juste lu. Sans réponse.

Avec le soutien aux galeries / première exposition du Centre national des arts plastiques.

Louise Sartor produces her paintings on uncoiled rolls of toilet paper, fragments of packaging, and intentionally disposable objects. There is something very familiar about all this, reminiscent of Polaroids, post-cards, or even sacred images, which have been constantly handled. The subjects are small and, it is impossible to see if the subject or the medium determined the format. They are young urban women, neatly dressed, captured as they are, with the indispensable accessories for their survival: cell-phones, obviously branded bags. Girls who might well be famous, are surely quite rich, and whom we admire intensely, or else rather look down on. Picture from magazines, social networks, or blogs. Instagram as a new subject for painting. If the iconography used by a given society conditions how we see, then it should be expected that this type of photo, genuinely fake selfies, will become a genre. Subsequently defining our era. Being analysed in the future as signs of a cultural history.

And yet, this is not the main subject of Louise Sartor’s painting. What it captures, over and above choreographic postures and sophisticated looks, are moments of latency. Between two queues, waiting for a taxi, or during the break in a conversation. Silent moments, which are actually quite intimate, reminiscent of classically painted portraits. Except that, given our era, they are outside of the home – where women were confined for so long. We are in the street, and even, almost simultaneously, on everyone’s telephone. Louise Sartor paints women, her contemporaries, who, in comparison with the history of women depicted in paintings up until now, seem never to have been so free. But what it does grasp, and what makes these works so familiar, timeless and intimate, is the price to be paid for this infinite freedom, which is solitude. The sort we feel when the last message we have sent is left on read, marked as read, just read. But left unanswered.

Contemporary Art Daily Les Inrockuptibles
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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Car to Bar, 2017, gouache on cardboard frame background, 19,13,5 × 6 cm (each). © Aurélien Mole

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Car to Bar, 2017, gouache on cardboard frame background, 19,13,5 × 6 cm (each). © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Left on read ✓, 2017, exhibition view, Crèvecœur, Paris. © Aurélien Mole

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Allo ?, 2017, gouache on toilet paper roll, 13 × 10 cm. © Aurélien Mole

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Bombers, 2017, gouache on paper, 20 × 14,5 cm. © Elise Fourché

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Lu à 18:21, 2017, gouache on cardboard, 21 × 15 cm. © Elise Fourché

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Lu à 9:38, 2017, gouache on cardboard, glass, 17,5 × 14,5 cm. © Elise Fourché

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Out & About in Saint Germain, 2017, gouache on paper, glass, 16 × 12 cm. © Elise Fourché

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Soucis, 2017, gouache on Kraft paper bag, 20 × 12 cm. © Aurélien Mole

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Arums, 2017, gouache on cardboard, 21 × 14 cm. © Elise Fourché

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Tournesols, 2017, gouache on cardboard, 22 × 13 cm. © Elise Fourché

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Club, 2017, gouache on Kraft paper envelope, 24 × 16 cm. © Elise Fourché

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BFFs, 2017, gouache on cardboard, 18 × 14 cm. © Elise Fourché